Cloches – Riom (F-63) basilique Saint-Amable

La plus grosse sonnerie du diocèse de Clermont n’est pas à la cathédrale !

Ancienne église abbatiale, aujourd’hui basilique, l’église Saint-Amable de Riom possède une imposante sonnerie de quatre cloches. Le bourdon, dédié au saint patron de la paroisse, a nécessité un attelage de 36 chevaux pour rejoindre le fier clocher octogonal. Ce serait l’argenterie jetée au creuset par les Riomois qui serait à l’origine de la belle voix de cette magnifique cloche, la plus lourde du diocèse.

Du XIIe au XIXe siècle – La Basilique Saint-Amable de Riom est le plus vaste édifice clérical d’Auvergne après la Cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Clermont-Ferrand. D’abord église abbatiale puis paroissiale dès le XVe siècle, Saint-Amable est devenue basilique mineure en 1912. De style roman tardif, la nef fut élevée durant le troisième quart du XIIe siècle. Sa hauteur dépasse les 16 mètres. Le chœur, gothique, date de 1230. Le déambulatoire et les trois chapelles rayonnantes le complètent. Le tremblement de terre de 1490 cause d’importants dommages aux parties les plus anciennes de l’église. La façade occidentale date de 1750, ses décorations sont de style Louis XV. Le transept et le clocher sont rebâtis au XIXe siècle dans un souci d’historicisme avec des décorations et des mosaïques polychromes qui sans doute n’existaient pas. Les nombreuses chapelles latérales nous ramènent à différentes époques. Edifiée en 1860, l’actuelle sacristie abrite de magnifiques boiseries réalisées du XVIIe siècle.

Le plus gros bourdon du diocèse – Les archives rapportent que la volée des lourdes cloches de Saint-Amable ébranlaient à tel point l’ancien clocher que le charpentier et le serrurier avaient l’ordre de se tenir prêts à intervenir ! La flèche est abattue par les révolutionnaires, un clocher de fortune accueille deux petites cloches en 1813. Le clocher octogonal actuel ne date que de 1859. Œuvre de l’architecte départemental Emile Mallay, il combine habilement les styles roman (baies du premier niveau) et gothique (fenêtres du second étage). On y accède par un petit escalier métallique entièrement extérieur à la rampe branlante, mais aux marches néanmoins solides (la preuve, votre serviteur à panse rebondie a pu y accéder). Le bourdon – Amable de son petit nom – fut coulé une première fois en 1684, puis refondu à plusieurs reprises. La version actuelle de la cloche est l’œuvre du fondeur local Pierre Baudoin, basé rue de la Petite Provence. On raconte que ce sont les pièces d’argenterie jetées par de nombreux Riomois dans le métal en fusion qui donnent à ce beau bourdon sa sonorité si particulière. Hissée par l’oculus au dessus du chœur, la plus grosse cloche du diocèse nécessita 36 chevaux pour rejoindre ses sœurs. Outre les noms de ses parrains et marraines, outre les effigies et blasons de plusieurs personnalités religieuses et politiques de l’époque (le pape Pie IX, l’empereur Napoléon III), Amable arbore fièrement une devise en latin qu’on peut traduire ainsi : Amable c’est moi-même et je sonne mes vœux à mon Riom que j’aime en rendant grâce à Dieu. Bénigne, la troisième cloche fut sauvée des Révolutionnaires en prenant le chemin de l’église Notre-Dame du Marthuret. Ses inscriptions sont limées, seul subsiste le nom de son fondeur. La version précédente de  la cloche no2 fut enterrée pour ne pas être saisie à la Révolution. Jacques, la deuxième clocher actuelle, porte la griffe de Jean-Baptiste Decharme. Riom doit à ce fondeur du Bassigny cinq autres cloches, toutes coulées en 1818 : la cloche de la tour de l’horloge (diamètre 132cm) trois cloches à Notre-Dame du Marthuret et une cloche à la chapelle de Sœurs Rédemptoristes.

-Cloche 1, « Amable », note la2 -4/100, diamètre 184cm, poids 4’080kg, coulée en 1865 par Pierre Baudoin de Riom.
-Cloche 2, « Jacques », note si2 -44/100, diamètre 163cm, poids 2’737kg, coulée en 1816 par Jean-Baptiste Decharme de Breuvannes-en-Bassigny.
-Cloche 3, « Bénigne », note do3 -31/100, diamètre 151cm, poids 2’056kg, coulée en 1783 par Jean-Baptiste Barrard, saintier lorrain.
-Cloche 4, « Marie », note sol3 -7/100, diamètre 100cm, poids environ 500kg, coulée en 1882 par Emile Vauthier à Saint-Émilion.
(la3 = 435Hz)

Quasimodo remercie chaleureusement :
Le père Jacques Vignancour et la mairie de Riom pour leur aimable autorisation.
M. Nicolas Laurans, responsable du patrimoine à la ville de Riom et M. Aimé Nivet, tapissier, pour leur chaleureux accueil et leur disponibilité.
M. Daniel Fonlupt, conservateur de la Maison des Horloges à Charroux pour la documentation
Dominique « Valdom68 » Fatton, responsable technique des clochers de Val-de-Travers, pour son aide précieuse pour le tournage vidéo

Sources :
Les nombreux panneaux d’informations installés dans la basilique. Ils sont tirés de divers ouvrages.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Amable_de_Riom
http://www.culture.gouv.fr/
http://gw.geneanet.org/
Les cloches du Puy-de-Dôme, de Bernard Craplet et Pierre-François Aleil
Riom, de François Werner
Les thermes romantiques: bains et villégiatures en France de 1800 à 1850 de Dominique Jarrassé
Les cloches du canton de Fère-en-Tardenois, de L-B. Riomet
Enquêtes Campanaires, de Joseph Berthelé
Auvergne et Bourbonnais gothiques: Tome 1, Les débuts, de Anne Courtillé

A consulter :
https://notredamedessources.com/
https://www.ville-riom.fr/
http://www.tourisme-riomlimagne.fr/
http://clermont.catholique.fr/
http://www.archipicture.free.fr/france/auvergne/puy_dome/riom19.html