Cloches – Staufen (CH-AG) église réformée du Staufberg

Sonnerie historique de 4 cloches en mi bémol 3 pour un site idyllique

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UN LIEU MAGIQUE – D’une expédition campanaire, on ne ramène pas que des photos et des enregistrements. Chaque sortie comporte également son lot d’anecdotes et suscite un état d’esprit qu’il n’est pas toujours aisé de décrire. Je pourrais coucher ici une foule de souvenirs parfois comiques, à commencer par l’oubli d’un enregistreur dans le cimetière à la tombée de la nuit sous une pluie fine et froide, ou encore l’angle de volée un peu trop élevé d’une des cloches venue mordiller les mollets (heureusement bien rembourrés) de votre serviteur. Mais si je devais relater un souvenir fort du Staufberg, c’est avant tout celui d’un site magique comme on en rencontre peu, entre ciel et terre. Une bucolique colline à la vue plongeante sur la campagne environnante, des bâtiments aux murs inégaux blanchis à la chaux émergeant avec une douce torpeur des vertes frondaisons.

UN MILLENAIRE D’HISTOIRE – La première mention d’une grande paroisse, dont l’église du Staufberg était jadis le noyau, remonte à 1101. Une première église semble avoir été érigée en ces lieux autour de l’an 1000. Divers travaux d’agrandissement furent menés, jusqu’à ce que l’incendie de 1417 anéantisse ce sanctuaire roman. Les murs qui se relevèrent de ces cendres correspondent en grande partie à ceux qui nous sont parvenus. Les transformations postérieures consistèrent en effet à l’ajout d’un porche et à la transformation d’une chapelle à la Réforme. Le mobilier s’enrichit à l’époque baroque de la magnifique chaire en bois richement sculpté et des actuels fonts baptismaux. Le plafond peint original, remplacé à la Belle-Epoque par une couverture néogothique, retrouva son aspect initial en 1995. Les vitraux du XVe siècle sont restés imperturbables face à ces changements. Outre l’église, d’autres bâtiments de valeur s’élèvent sur la colline du Staufberg : la cure (1645), la maison du sacristain (1513), la grange (1760) et le lavoir (XVII-XVIII siècles) d’où l’eau était pompée à bras jusqu’en 1912 !

UN EXIL CAMPANAIRE DE 511 ANS – Toutes les sonneries historiques de Suisse alémanique n’ont pas bonheur pas toutes été anéanties à l’ère industrielle. Le clocher de l’église du Staufberg renferme un véritable trésor campanaire : trois cloches de facture gothique et une baroque. Les deux plus grandes (cl 1 et 2), réalisées vraisemblablement par le même fondeur, furent coulées suite à l’incendie de 1417. En 1491, la cloche 2 fut descendue à Lenzbourg en remplacement de la sonnerie anéantie – elle aussi – par un incendie. Elle ne revint de son exil qu’en 2002. La cloche 3, non datée, semble remonter à l’an 1500 environ. Seule habitante du clocher à arborer le nom de son fondeur, la cloche 4 est aussi la benjamine, elle qui fut coulée en 1786 par Friedrich Jakob Bär d’Aarau.

– Cloche 1, note mi bémol 3 +25/100, diamètre 135cm, poids 1450 kg, coulée en 1420
– Cloche 2, note sol 3 +67/100, diamètre 103cm, poids 950kg, coulée en 1420
– Cloche 3, note si bémol 3 +39/100, diamètre 95 cm, poids 500kg, coulée vers 1500
– Cloche 4, note do bémol 4 -28/100, diamètre 75cm, poids 300kg, coulée en 1786 par Friedrich Jakob Bär d’Aarau

Remerciements à Madame Ruth Furer-Senn, présidente du Conseil de Paroisse, pour son aimable autorisation. Un tout grand merci à M. Patrick Wüst, sacristain dévoué, pour son chaleureux accueil et sa disponibilité (et pour avoir remis la main sur l’enregistreur oublié). Remerciements à John Brechbühl, membre de la GCCS, pour la mise sur pied de cette exceptionnelle étape campanaire. Amitiés enfin à Stefan Mittl, expert-campanologue à Zurich, co-organisateur de cet agréable week-end, (et qui participé activement à la recherche de l’enregistreur en pleine nuit).

Sources :
http://www.ref-kirchen-ag.ch/

A consulter :
http://www.staufen.ch
https://www.lenzburg.ch/

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