Journées des clochers les 16 et 17 septembre

L’espace d’un week-end, Quasimodo sera votre guide dans les plus beaux clochers de la Veveyse !

Quasimodo, alias Mike de Radio Fribourg (le Big Morning de 6h à 10h), passionné de cloches, vous propose de prendre de la hauteur et découvrir les merveilles cachées de nos clochers. Venez visiter :
– 16.09 10h-13h Remaufens, son magnifique bulbe et ses cinq cloches coulées entre le XVI et le XIXe siècle.
– 16.09 14h-17h Attalens* et sa cloche du 13e siècle, l’une des plus anciennes du canton.
– 17.09 10h-13h Châtel-St-Denis, son imposant bourdon de 3 tonnes et son horloge mécanique encore en fonction.

Les orgues d’Attalens et de Châtel-St-Denis vous seront également présentées par leurs titulaires respectifs.

Visites gratuites, apéritif offert. Personnes sensibles au vertige s’abstenir ! Les enfants doivent être accompagnés d’un adulte.

*Le clocher d’Attalens étant équipé d’antennes GSM, sa visite est déconseillée aux personnes porteuses d’un stimulateur cardiaque

Cloches – Ursy (CH-FR) église Saint-Maurice

Quatre cloches en do#3… pas si étroit, le clocher !

Le canton de Fribourg compte de nombreuses églises néogothiques aux dimensions imposantes. Il recense aussi un certain nombre de sonneries à l’accord insolite. Voici l’église Saint-Maurice d’Ursy, grand vaisseau de molasse dont le mince clocher héberge quatre cloches au motif particulier.

Saint-Maurice et Saint-Martin – L’église Saint-Maurice d’Ursy fut consacrée le 12 octobre 1869 par Mgr Etienne Marilley, évêque de Lausanne et Genève. Elle remplaça, comme église paroissiale, celle de Morlens, autrefois dépendante de l’Abbaye de Saint-Maurice. La nouvelle église reçut le même vocable et on y transféra les reliques du martyr thébain. On reprit le plan à peine modifié de l’église néogothique de Saint-Martin, non loin de Châtel-Saint-Denis. Plusieurs fois restaurée, en particulier en 1933 et 1979, l’église d’Ursy possède un riche mobilier religieux: le maître-autel en marbre de Carrare, œuvre de Pierre-Alexandre Christinaz, artisan marbrier de Fribourg, de même qu’un ensemble de 19 vitraux dessinés entre 1980 et 1983 par le fribourgeois Charles Cottet (1924-1987). Le vitrail de Saint-Maurice, au centre de l’abside, domine l’autel. Installé en 1999, l’orgue fut construit par la manufacture Jean-Daniel Ayer de Vauderens. C’est le premier orgue au monde à traction numérique, fonctionnant selon le système Org-Syncordia (source http://www.abbaye1500.ch/index.php/le-jubile/lieux-dedies/lieux-dedies-suisse/eglise-saint-maurice-ursy-ursy)

Do ou ré bémol – Le clocher, d’apparence plutôt étroite, est plus spacieux qu’il n’y paraît, puisqu’il parvient à contenir un ensemble de quatre cloches en do#3. Les 3 plus petites ont été coulées en 1868 par François-Joseph Bournez de Morteau, quelques années avant que le fondeur comtois n’ouvre sa succursale à Estavayer-le-Lac. La grande cloche porte la date de 1902 et la signature de Charles Arnoux. Originaire lui aussi de Morteau, Arnoux fut – rappelons-le – le contremaître de Bournez avant de reprendre à son compte l’atelier staviacois. Une entreprise florissante qui perdura jusqu’à la mort de son patron en 1925. On peut s’étonner de la note égrenée par la grande cloche. Bournez avait-il coulé une première grande cloche en 1868, endommagée par la suite ? Cette cloche ne chantait-elle pas plutôt le do ? Arnoux a-t-il été simplement chargé de (re)faire une cloche d’un certain gabarit ? Mystère !

-Cloche 1, « Maurice Marie Joseph », note réb3 -16/100, coulée en 1902 par Charles Arnoux à Estavayer-le-Lac
-Cloche 2, « Marie », note mib3 +27/100, coulée en 1868 par François-Joseph Bournez cadet de Morteau
-Cloche 3, note sol3 +15/100, coulée en 1868 par François-Joseph Bournez cadet de Morteau
-Cloche 4, note do4 -6/100, coulée en 1868 par François-Joseph Bournez cadet de Morteau

Un immense merci à M. Jean-Paul Schorderet, directeur de la maison Mécatal à Broc, de m’avoir convié à la remise en service de la sonnerie d’Ursy après d’importants travaux (nouveaux jougs, battants, paliers, motorisation). Une visite de clocher avec son campaniste est toujours source de riches enseignements pour un passionné. Merci également à la paroisse d’Ursy.

A consulter
http://www.upierroches.ch/
http://www.ursy.ch/

Cloches – Neyruz (CH-FR) église de l’Assomption

Rustique mais charmante, cette sonnerie fribourgeoise de quatre cloches !

Alors que leurs concurrents étaient capables de réaliser des cloches avec une grande justesse de ton et avec des décors finement ciselés, les derniers fondeurs fribourgeois étaient à la peine !

De la chapelle à l’église – Le premier lieu de culte à Neyruz fut une chapelle édifiée en 1432. La petite cloche gothique déposée devant de la cure en est la relique. Agrandie au début du XVIIIe siècle, cette chapelle fut remplacée par une église quand Neyruz obtint le droit de se séparer de Matran et de s’ériger en paroisse. Les travaux de terrassement de l’église débutèrent en 1845 et le chantier s’acheva trois ans plus tard. Ce n’est toutefois que le 20 septembre 1857 que le sanctuaire fut consacré. Coût des travaux : 53’000 francs de l’époque, dont 8’327 pour les cloches, nous apprend Deillon dans son Dictionnaire des paroisses du canton. Pour l’anecdote, en 1880, un ouragan souffla la flèche du clocher et causa des dégâts considérables.

Une sonnerie rustique mais charmante – La sonnerie se compose de quatre cloches. Trois sont l’oeuvre de Louis-Alexis Roelly de Fribourg en 1848, alors que la plus récente fut coulée par Ruetschi d’Aarau en 1959. Cette dernière remplace très certainement une cloche de 1848 fêlée ou brisée : Deillon mentionne en effet clairement que quatre cloches furent coulées par le fondeur fribourgeois. Les jougs en chêne ont laissé la place à des montures en acier de la maison Bochud, qui motorisa la sonnerie. A noter que la cloche la plus récente ne possède pas le même type de joug. La sonnerie n’est équipée que pour la volée, il n’y a ni mécanisme de tintement horaire, ni cadran. La présence d’un clavier de type « manche de brouette », désaffecté, nous apprend que jadis, les cloches pouvaient être carillonnées pour les fêtes. La cloche de l’ancienne chapelle, aujourd’hui déposée, est attribuée à Hensli Follare de Fribourg. Non datée, mais de belle facture, elle aurait été coulée durant la seconde moitié du XVe siècle. Les cloches de 1848, elles, présentent de nombreux défauts de coulée. Leur justesse de ton est également plus qu’approximative. Si l’aspect rustique de cette sonnerie nous apparaît aujourd’hui comme tout à fait charmant, on comprend mieux pourquoi les dernières générations de fondeurs fribourgeois eurent beaucoup de mal à lutter contre la concurrence des artisans de régions voisines.

-Cloche 1, note mi3 -50/100, coulée en 1848 par Louis-Alexis Roelly de Fribourg
-Cloche 2, note fa#3 -18/100, coulée en 1848 par Louis-Alexis Roelly de Fribourg
-Cloche 3, note la3 +6/100, coulée en 1959 par Rueschi d’Aarau
-Cloche 4, note si3 -59/100, coulée en 1848 par Louis-Alexis Roelly de Fribourg
[Cloche déposée, note si4 +11/100, coulée durant la seconde moitié du XVe siècle par Hensli Follare de Fribourg]

Mes plus vifs remerciements à la paroisse de Neyruz, et tout spécialement à M. Maurice Vionnet, responsable des bâtiments. Amitiés à mes camarades campanaires du jour : Anthony, Dominique, Guilhem, John et Stefan.

Sources :
Dictionnaire historique et statistique des paroisses catholiques du canton de Fribourg volume 9, par le Père Apollinaire Deillon, imprimerie Saint-Paul, 1896
Le patrimoine campanaire fribourgeois, éditions Pro Fribourg, 2012.

Cloches – Douai (F-59) le beffroi

Patrimoine mondial de l’UNESCO, le beffroi de Douai dévoile son bourdon et son carillon

IMG_5193

Un beffroi cher à Victor Hugo – De passage à Douai en 1837, Hugo écrivait : Il y a là le plus joli beffroi que j’aie encore vu. Figure-toi une tour gothique coiffée d’un toit d’ardoise, qui se compose d’une multitude de petites fenêtres coniques superposées ; sur chaque fenêtre une girouette, aux quatre coins, une tourelle ; sur la pointe du beffroi, un lion qui tourne avec un drapeau entre les pattes ; et de tout cet ensemble si amusant, si fou, si vivant, il sort un carillon. Dans chaque petite lucarne, on voit se démener une petite cloche qui fait rage comme une langue dans une gueule. J’ai dessiné cette tour, et quand je regarde mon dessin, il me semble encore entendre ce joyeux carillon qui s’en échappait comme la vapeur naturelle de cet amas de clochetons.

La construction de l’hôtel de ville de Douai a commencé en 1380. Interrompue plusieurs fois par des incendies, elle ne s’est achevée réellement qu’au XIXe siècle. L’édifice comprend deux salles magnifiques : l’une gothique, la salle des Gardes, sert aux réunions du Conseil municipal ; l’autre en style XVIIIe, le Salon blanc, sert de salle de mariages. Le beffroi attenant a été achevé en 1410. Il culmine à 64m de hauteur. Son couronnement, flanqué de tourelles, de pinacles et de girouettes, est l’un des plus originaux de la région. L’ensemble des beffrois du nord de la France, mais aussi de Belgique et des Pays-Bas, est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO

Un premier carillon fut réalisé en 1390 déjà. Le bourdon « Joyeuse » fut coulé en 1471 par un fondeur allemand établi aux Pays-Bas, Gobelinus Moer. Cette grosse cloche, d’un poids de 5’500kg, fut refaite en 1924 par Charles Wauthy. L’artisan de Douai réalisa la même année un carillon en remplacement de l’ancien instrument fondu par l’occupant allemand durant la Première Guerre. Ce carillon fut toutefois remplacé en 1953 par Paccard d’Annecy, à l’exception des deux plus grosses cloches, « Joyeuse » (la2)  et « Disnée » (do3). L’ensemble fut  complété en 1974, à l’occasion du congrès mondial des carillonneurs. Il comporte aujourd’hui 62 cloches s’étendant sur 5 octaves. En plus des concerts régulièrement donnés par le titulaire Stefano Colletti, l’instrument égrène chaque heure – de manière automatique – l’air des « Puritains d’Ecosse » de Bellini. A l’occasion des Fêtes du Gayant 2016, « Joyeuse » s’est mise en branle lors d’une visite guidée ouverte à tous. J’en ai profité pour l’immortaliser sur le vif. La vidéo permet également d’entendre la ritournelle horaire sur fond d’explications du guide.

Un tout grand merci à l’équipe de guides et de gardiens du beffroi de Douai pour leur aimable accueil et leur précieuse collaboration. Il s’agissait en effet ce fameux jour de coordonner notre passage dans la chambre des cloches avec la volée de « Joyeuse » prévue pour 11h05.

Sources :
http://www.ville-douai.fr/index.php/Carillon?idpage=14007&idmetacontenu=3805&iddossiercontenu=236
https://fr.wikipedia.org/wiki/Beffroi_de_Douai
http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Douai/Douai-Hotel-de-Ville-Beffroi.htm
http://www.clocherobecourt.com/Robecourt/Images/Marques/WAUTHY.pdf
http://tchorski.morkitu.org/13/dfc.pdf
http://asso.nordnet.fr/arpac/douai/ecouter.htm

Cloches – Bienne (CH-BE) église St Benoît

L’église réformée alémanique de Bienne dispose d’une sonnerie de cinq cloches en si2, réalisée en trois étapes par la même fonderie

Bienne St Benoit

St Benoît n’est peut-être pas l’église la plus ancienne de Bienne (St Etienne est en effet mentionnée en l’an 600 déjà), il n’empêche nous sommes tout de même en présence d’un vénérable édifice consacré en 1228 et rebâti dans le style gothique tardif de 1451 à 1470. La base du clocher est encore celle de la première tour romane, quoique percée aujourd’hui de baies ogivales. On entreprit de surélever le clocher après édification de la nouvelle nef, afin de porter plus loin le son des cloches. Manque de chance, alors que les travaux étaient sur le point de s’achever, le couronnement du clocher s’écroula, entraînant dans sa chute un ouvrier, de même que les cloches. Si mes sources ne me renseignent pas sur l’état de santé du pauvre homme, elles nous apprennent en revanche que les cloches ne subirent miraculeusement aucun dommage ! Le clocher prit la forme que nous lui connaissons aujourd’hui en 1551.

De très belles fresques antérieures à la Réforme (proclamée en 1527) ornent l’intérieur de l’église St Benoît. Les rénovations successives menées au XXe siècle ont en effet permis de mettre au jour une représentation de St Benoît, le voile de Ste Véronique, le Jugement Dernier et le martyr de St Sébastien. On note aussi la présence de vitraux du XVe siècle dans le chœur, d’une très belle chaire néogothique et de deux orgues remarquables : un grand orgue en tribune, et un petit orgue en nid d’hirondelle. Ces instruments ont été réalisés respectivement en 2011 et en 1994 par la manufacture Metzler de Dietikon (CH-ZH).

Pour une église à l’histoire aussi riche, on peut évidemment regretter que la sonnerie se compose uniquement de cloches des XIXe et XXe siècle, toutes issues de la même fonderie. D’intéressantes anecdotes sont toutefois à relater. A commencer par le fait que le bourdon arbore des inscriptions selon lesquelles il serait la refonte d’une cloche de 1423. Il faut également savoir que Ruetschi d’Aarau coula en 1882 cinq cloches, ornées de motifs néogothiques soignés, et égrenant les notes si2 ré#3 fa#3 sol#3 si3. Après la Seconde Guerre Mondiale, les deux petites cloches furent envoyées en cadeau à des paroisses alsaciennes sinistrées. On refit alors un nouveau sol#3 en 1947, et on passa commande en 1955 – non pas d’un si3 – mais d’un do#3. Cette nouvelle disposition de la sonnerie entraîna l’agrandissement du beffroi en hauteur pour y loger la nouvelle cloche 2. Le beffroi – parlons-en – est nettement antérieur à la sonnerie. Sa construction massive donne à penser que la plus grande partie de sa structure date de la surélévation du clocher au XVIe siècle. A l’étage inférieur se trouve un magnifique mouvement horloger Prêtre et fils de la fin du XIXe siècle, modifié pour le remontage électrique des poids et le réglage horaire par électro-aimant sur le balancier. Dans l’église, enfin, se trouve exposée une petite cloche gothique avec son joug et ses ferrures d’origine. Elle arbore entre autres motifs le Christ en Croix

-Cloche 1, note si2, poids 2’850kg, coulée en 1882 par Hermann Ruetschi à Aarau
-Cloche 2, note do#3, poids 2’050kg, coulée en 1955 par Ruetschi SA à Aarau
-Cloche 3, note ré#3, poids 1’450kg, coulée en 1882 par Hermann Ruetschi à Aarau
-Cloche 4, note fa#3, poids 860kg, coulée en 1882 par Hermann Ruetschi à Aarau
-Cloche 5, note sol#3, poids 540kg, coulée en 1947 par Ruetschi SA à Aarau

Mes plus vifs remerciements à Luc Ramoni, pasteur à la paroisse réformée évangélique générale de Bienne, pour l’accès au clocher de cette belle église St Benoît, aujourd’hui église réformée alémanique. Remerciements également à Pierre « Pierrot708 » pour son indispensable collaboration.

Sources :
http://altstadt-biel.ch/sehenswuerdigkeiten-und-geschichte/reformierte-stadtkirche-biel-ring-2/reformierte-stadtkirche-biel-ring/
http://www.ref-bienne.ch/accueil/portrait/
https://de.wikipedia.org/wiki/Stadtkirche_Biel
http://www3.orgues-et-vitraux.ch/default.asp/2-0-1936-11-6-1/
http://www.srf.ch/radio-srf-musikwelle/glocken-der-heimat/biel-stadtkirche

Cloches – Zurich-Albisrieden (CH-ZH) ancienne église réformée

Ce clocher contient la dernière sonnerie 100% historique de la ville de Zurich !

ZH Albisrieden alte Kirche

Zurich, la ville aux 40 bourdons… mais qu’en est-il du patrimoine historique ?

Plus c’est gros, plus c’est beau, pense-t-on souvent chez les amis des cloches, spécialement les plus jeunes. J’ai un temps été de ceux qui se rendaient chaque fin de semaine dans l’est de la Suisse dans le seul but d’immortaliser moult bourdasses dans leurs clochers rassasiés de bronze. Il aura fallu toute la pédagogie de campanologues avertis (merci Matthias, merci Pascal, merci Stefan) pour me faire comprendre que quand c’est petit, ça peut être aussi très joli, surtout quand ça ne date pas d’aujourd’hui.

Le patrimoine campanaire de la ville de Zurich a cela d’enivrant qu’il compte 40 bourdons (cloches en octave 2) pour environ 400’000 habitants. Ce chiffre vertigineux s’explique d’abord par le fait que les communautés réformées et catholiques, au coude à coude sur le plan statistique, ont longtemps voulu que leur clocher chante plus fort que celui du « concurrent ». A cela s’ajoute la rivalité entre quartiers – anciennement communes indépendantes pour la plupart – désireux d’en mettre plein la vue avec l’église la plus somptueuse qui soit. Cette course effrénée a certes rendu le paysage campanaire zurichois imposant comme nul autre. Mais – effet pervers – elle a aussi contribué à sacrifier d’intéressantes petites sonneries historiques sur l’autel du gigantisme. Les églises historiques du centre ville (Grossmünster, Fraumünster, St Peter) ont vu leurs cloches refondues à la Belle-Epoque, essentiellement par le dernier fondeur local Keller. Les quartiers périphériques, quant à eux, se sont essentiellement développés dès la fin du XIXe siècle. Devenues trop petites, leurs anciennes églises ont été – dans le meilleur des cas – désaffectées, mais hélas trop souvent rasées. Les antiques clochers qui ont réussi à subsister ont reçu de nouvelles cloches. Je m’étais penché il y a quelques années sur le cas d’Altstetten, ce quartier tout à l’ouest de Zurich, qui avait eu la bonne idée de conserver son ancienne église réformée à deux pas du nouvel édifice. Partiellement historique, la sonnerie du vénérable clocher fut malheureusement amputé d’une de ses voix. On a effectivement cru au XXe siècle que ce serait une bonne idée de faire cadeau de la plus petite cloche à une paroisse du Liechtenstein (sic).

L’ancienne église réformée d’Albisrieden est donc le seul édifice religieux de la ville de Zurich qui possède encore sa sonnerie historique intacte. Achevé en 1818, ce charmant temple au fronton néoclassique succède à une petite église de 1678, elle-même construite sur les fondations d’une chapelle consacrée en 1270. Le nouvel édifice reçut une grande cloche qui vint compléter la petite  sonnerie patiemment élaborée au fil des ans par la dynastie Füssli.

-Cloche 1, note mi3, coulée en 1818 par Wilhelm Füssli
-Cloche 2, note la3, coulée en 1722 par Johann Füssli II
-Cloche 3, note do4, coulée en 1695 par Moritz Füssli I
-Cloche 4, note fa4, coulée en 1659 par Hans Füssli III

Les Füssli, fondeurs de cloches, mais pas seulement – Le dictionnaire historique de la Suisse (DHS) nous apprend que le premier Füssli recensé à Zurich en 1357 est Conrad, valet d’un fondeur de Feldkirch (A). Mais c’est le fils de Conrad, Peter, qui est le premier ancêtre véritablement documenté de la lignée. Les Füssli coulèrent des cloches jusqu’au décès – en 1843 – de Wilhelm, artisan de la grande cloche d’Albisrieden. Durant ces cinq siècles, cette dynastie se montra très active au creuset. Rappelons que le bourdon de la cathédrale de Berne, la plus grande cloche de Suisse, fut coulé en 1611 par Peter VII associé au bernois Abraham Zender, successeur de Franz Sermund. A cela s’ajoutèrent des activités métallurgiques annexes comme la fonte de canons. Les Füssli œuvrèrent également comme mercenaires durant les guerres d’Italie et occupèrent les plus hautes fonctions dans l’Etat (membre du Grand Conseil, balli…). Une branche cousine se consacra dès le XVIIIe siècle à l’imprimerie. L’entreprise Orell Füssli, spécialisée dans la confection de billets de banque et de papiers sécurisés, en est la descendante actuelle.

Un grand merci à Stefan Mittl, expert campanologue à Zurich, pour l’organisation de cette belle étape campanaire. Remerciements à la paroisse réformée de Zurich-Albisrieden pour son aimable autorisation.

Sources :
Dictionnaire historique de la Suisse
https://de.wikipedia.org/wiki/Alte_Kirche_Albisrieden
http://www.kirchgemeinde-albisrieden.ch/

Cloches – Ecublens (CH-VD) église réformée du Motty

Ravissante sonnerie villageoise de 2 cloches à quelques encâblures de Lausanne

photo

Il est toujours agréable, en plein cœur de l’hiver, de se plonger dans les souvenirs de ses virées campanaires estivales. Le 20 juin 2015, un ami cher me proposait de le rejoindre à Ecublens pour découvrir l’église réformée du Motty. Ecublens ! Quel plaisir de voir que ce pôle high-tech, situé à deux doigts de la ruche bourdonnante de Lausanne, a su conserver quelques quartiers historiques où demeure le calme. Surplombant l’Université de Lausanne et l’Ecole Polytechnique Fédérale, la colline du Motty semble faire fi avec délices de l’activité high tech qui se déroule frénétiquement à ses pieds. Sur ces hauteurs trône l’hôtel de ville, charmante bâtisse faisant jadis office d’école. Mais l’édifice le plus remarquable est sans nul doute l’église, riche de ses origines médiévales. En 1135, la chapelle d’Ecublens est rattachée au couvent de Saint-Sulpice.  Dédiée à Saint-Pierre, cette chapelle devient en 1228 église paroissiale. Evidemment que sous la domination bernoise, Ecublens se convertit dès 1536 au culte protestant. Maintes fois remanié, l’édifice a conservé de cette époque une fenêtre de 1532. Le clocher-porche semble avoir construit au milieu du XIXe siècle. C’est vraisemblablement à cette occasion que furent coulées les deux cloches, datées de 1853. Les vitraux furent installés successivement en 1907 (Guignard et Schmit) et 1961 (Kaiser)

Nous sommes ici en présence d’une sonnerie vaudoise typique, quand bien même certains petits temples présentent souvent un ensemble hétérogène, comprenant une cloche du XIXe siècle et une autre plus ancienne. Maintes fois présenté sur ce site, Samuel Treboux a réalisé dans ses ateliers de Corsier-s/Vevey deux cloches présentant quelques défauts de moulage, mais à la sonorité irréprochable. La plus petite des deux cloches « fondue en 1853 aux frais de la commune d’Ecublens » a subi un accordage postérieur à sa coulée pour abaisser sa note. On peut supposer que la sonnerie, qui égrène aujourd’hui les notes fa3 et sib3, chantait jadis un triton (fa3 si3). La grande cloche « fondue en 1853 aux frais de la commune d’Ecublens pour les quatre cinquièmes et celle de Chavannes pour un cinquième » a hérité il y a peu d’un joug neuf. L’horloge mécanique porte la signature de Baer à Sumiswald et la date de 1948.

– Cloche 1, note fa3 +31/100, diamètre 108cm, coulée en 1853 par Samuel Treboux à Corsier-s/Vevey
– Cloche 2, note sib3 -3/100, diamètre 83cm, coulée en 1853 par Samuel Treboux à Corsier-s/Vevey

(la3 = 435Hz)

Octave inf Prime Tierce min Quinte Octave sup
Cl1 fa3 53.03 57.89 47.47 80.73 31.01
Cl2 sib3 4.25 19.18 6.10 38.38 -3.26

Mes plus vifs remerciements à mon ami Guilhem Lavignotte, organiste titulaire à Yverdon-les-Bains, pour l’organisation de cette sympathique sortie campanaire. Merci également à M. Vincent Guyaz, pasteur à la paroisse protestante d’Ecublens-Saint-Sulpice, pour son aimable autorisation.

Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cublens_%28Vaud%29
http://www.ecublens.ch/http://ecublenssaintsulpice.eerv.ch/

Le Zoom H4N entre Vaud, Fribourg et Berne

Berne cathédrale cloche 2 redimensionnéBerne (CH-BE) cathédrale réformée

Cloche 2
sol#2
coulée en 1573 par Franz Sermund de Bormio établi à Berne

 

 

Flamatt église réforméeFlamatt (CH-FR) église réformée

ré3 fa3 sol3 sib3
Ruetschi, Aarau, 1964

 

 

moudon faceMoudon (CH-VD) temple St Etienne

lab2, François Humbert, Morteau, 1838
ré3, Jean Perrodet & Pierre Quarta, Genève, 1441
mi3, Jean Richenet, Vevey, 1654
solb3, Jean Maritz, Genève, 1731
la3, Simon Gillet, Breuvannes-en-Bassigny & Gaspard Deonna, Genève, 1763

 

Balade campanaire du samedi soir avec mon Zoom H4N

IMG_1573Egerkingen (CH-SO)
église catholique St Martin
6 cloches par Ruetschi 1933
sib2 réb3 mib3 fa3 lab3 sib3

 

 

Olten église St Martin profil

Olten (CH-SO)
église catholique St Martin
6 cloches par Ruetschi 1909
lab2 réb3 mib3 fa3 lab3 sib3

 

 

Zofingue église réformée (2)

Zofingue (CH-AG)
église réformée « Stadtkirche »
1-2-3-4-5 Ruetschi 1929
6 historique 15e siècle
solb2 sib2 réb3 mib3 solb3 lab3