La sonnerie de la cathédrale de Rouen exposée à la fonderie Paccard

Volée de démonstration du bourdon Cécile (si bémol 2, 3’500kg), exposition des nouvelles cloches et des anciennes cloches rénovées

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Pour tout savoir de l’agrandissement de la sonnerie de la cathédrale de Rouen
http://www.paccard.com/fonderie/fr/actus.php?eid=267

Près de 3 siècles d’industrie campanaire à Vevey

Montbrelloz cloches 1 et 3

Cloches 1 et 3 de Montbrelloz, près d’Estavayer-le-Lac, coulées par Treboux en 1870

Si Aarau est aujourd’hui la seule ville de Suisse à disposer encore d’une fonderie de cloches en activité (Ruetschi), il faut savoir que cet artisanat a fleuri aux 4 coins de notre pays durant des siècles. En Romandie, c’est Genève et sa région qui semblent avoir recensé la plus riche activité. De Perrodet et Quarta au 15e siècle jusqu’à Bulliod au 19e, en passant par Fribor, Claude, Collavin, Deonna, et autres Pitton, la cité de Calvin et ses alentours ont vu se succéder des générations de saintiers, que le développement des voies de communication a peu à peu permis de se sédentariser.  Avec ses presque 300 ans d’activité campanaire, Vevey peut sans rougir briguer la médaille d’argent de ce palmarès d’airain.

 

Jean Richenet

Payerne abbatiale RichenetLa création de la fonderie de Vevey date de 1626. A sa tête, Jean Richenet, dont on peut savourer aujourd’hui encore de très belles cloches à Moudon (1654) et à St Saphorin-Lavaux (1661) entre autres. Evidemment qu’en ces temps reculés, les fondeurs voyagent mieux sur les chemins creux que leurs créations de bronze lourdes de plusieurs centaines de kilos, voire de plusieurs tonnes. C’est ainsi qu’on retrouve un temps la trace de Jean Richenet à Payerne. Une petite cloche, aujourd’hui déposée dans l’abbatiale, datée de 1646, porte la signature : IAN RICHENET DE PAYERNE MA FONDUE (photo à gauche).

Charmey cloche 1 signature dreffet paris

Signature Dreffet & Paris sur la grande cloche de Charmey (1788)

Pierre Dreffet et Marc Treboux

cartouche treboux sur le bourdon d'AutignyC’est durant le 4e quart du 18e siècle que la fonte de cloches à Vevey devient une véritable industrie. Plus précisément avec l’arrivée de Pierre Dreffet (1752-1835), originaire de Coppet, ancien collaborateur du fribourgeois Jean-Georges Paris. Alors que son cousin germain, Jean-Daniel, établi à Genève, ne vit ses fils reprendre que très provisoirement ses activités, la fonderie veveysanne va perdurer durant 4 générations. Associé dès 1811 à son neveu Marc Treboux (1784-1846), originaire de St Cergue, Pierre coule des dizaines de cloches pour les cantons de Vaud, Valais et Fribourg principalement. Il n’existe par contre que peu de cloches signées de Marc uniquement. Le bourdon d’Autigny, une belle cloche en sib2, est ornée du cartouche « MARC TREBOUX, FONDEUR à VEVEY, 1835 » (photo à gauche).

Bulle cloche déposée Dreffet Treboux

Ornementation typique d’une cloche Dreffet & Treboux (déposée devant l’église St Pierre-aux-Liens, Bulle). Remarquez les têtes d’angelots en bas-reliefs

Samuel Treboux

Sâles - cloches - samuel tréboux 1841En 1835, la fonderie, jusque là sise à Vevey est agrandie et transférée à Corsier. Elle est reprise dès 1837 par Samuel (1814-1888), qui commence par reprendre les motifs de son père. Il signe alors simplement « Treboux fils ». Mais dès 1840, il estampille ses cloches de son nouveau cartouche et semble développer ses propres profils. Un exemple des plus parlants se trouve dans le clocher de Cerniat, près de Charmey, dont les 2 plus grandes cloches furent coulées en 1838 et en 1840. Alors que la première fournit des partiels (harmoniques) dignes d’une cloche moderne, la seconde, ornée du nouveau cartouche de Samuel, est nettement moins précise sur le plan musical. Treboux petite cloche SeytrouxEn outre, contrairement à son aînée, elle montre des défauts de coulée. Mais très vite, Samuel Treboux se perfectionne et dote le paysage campanaire de superbes réalisations. La plus importante – en taille et en poids – est le magnifique bourdon en sib2 de Sâles, près de Bulle. Remarquez les 2 versions différentes du cartouche de Samuel : en haut à gauche sur le bourdon de Sâles, en bas à droite sur la petite cloche de Seytroux, en Haute-Savoie.

Analyse sonore des 2 grandes cloches de Charmey, toutes 2 coulées par Samuel Treboux (la3 = 435Hz, déviation en 1/16 de 1/2 ton)

Hum Prime Tierce Quinte Nominal
Cloche 1 (1840)  do#2 -4 do#3 -10  mi3 -7 sol#3 +3 do#4 -7
Cloche 2 (1838) mi2 +0 mi3 -1 sol3 +0 si3 +0 mi4 -1
promasens tréboux

Signature Treboux au bas du bourdon de Promasens

Gustave Treboux

P bourdonSamuel Treboux s’associe dans les années 1860 à Gustave (1842-1898), fils de son cousin germain. La fonderie retourne à Vevey, Rue du Plan. Disparait des cloches le cartouche finement ouvragé sur la robe, les cloches portent simplement la mention « TREBOUX FONDEUR à VEVEY » au-dessus de la pince. La période étant propice aux églises néogothiques, les motifs néoclassiques se voient remplacés par des ornementations plus en phase avec leur temps (photo: bourdon de Promasens par Antoine Cordoba). Les plus grosses cloches jamais coulées à Vevey sortent alors des fourneaux Treboux, principalement à destination du canton de Fribourg : le do3 d’Albeuve, 2050kg, le si2 de Villarvolard, environ 2’700kg, le la2 de Promasens, 3’600kg, et le lab2 de Prez-vers-Noréaz d’un poids de 4’500kg. Ce dernier bourdon fêlera hélas en 1924 déjà. Les techniques d’antan ne permettant d’envisager aucune réparation, la cloche – dépeinte comme magnifique par les chroniqueurs de l’époque – prit la direction d’Aarau pour y être refaite par Ruetschi.

Cloches 1 Perret et 2 S Treboux

Les 2 plus grandes cloches de l’église de Seytroux (Haute-Savoie). A droite, le do#3 coulé par Jean-Alexandre Perret à Vevey en 1898. Ci-dessous, le cartouche Perret, fortement inspiré de celui de Samuel Tréboux.

Jean-Alexandre Perret

Cartouche Perret SeytrouxGustave Treboux disparait 10 ans seulement après son oncle. La fonderie est alors reprise par Jean-Alexandre Perret (1851-1925), natif d’Yverdon-les-Bains. Si l’homme peut se targuer d’une solide formation de métallurgiste (apprentissage aux Ateliers de constructions mécaniques de Vevey, tour de compagnon en France, directeur de l’atelier de fonderie de la Société d’électrochimie du Day, près de Vallorbe), il ne possède pas de réelle connaissance du métier de fondeur de cloches. Dans une des parutions de la Revue Historique Vaudoise en 1961, Emile Henchoz, musicien et enseignant relate :

Au mois d’août, on pouvait déjà voir exposées dans la cour de la Fonderie Perret, à Lausanne, les deux nouvelles cloches destinées à l’église de Château-d’Oex. La maison Perret n’était pas specialisée dans la fonte des cloches d’église. Cette inexpérience en la matière causa bien des déboires (…) Au premier essai de sonnerie de ce nouveau carillon, dont on attendait beaucoup, il fallut déchanter. La plus grande des nouvelles cloches n’avait aucune résonance et donnait des coups sourds et faux, comme si elle était fêlée (…) La fonderie Perret n’assuma pas la responsabilité d’une nouvelle expérience, elle confia la refonte de la cloche à la fonderie d’Estavayer (ndlr: Charles Arnoux).

Perret ne conserve la fonderie veveysanne que 2 ans. La suite de ses activités de fondeur de cloches se poursuivent à Lausanne, successivement dans les quartiers de Villamont et de Béthusy.  Au décès de Jean-Alexandre, son fils Paul abandonne la fonte des cloches et transfère l’entreprise sur le nouveau site de Sébeillon, où elle demeure ouverte jusqu’en 1981, date se sa reprise par la fonderie de Moudon.

Démolition fonderie perret 1

Les ruines de la fonderie Perret à Lausanne, dans le quartier de Sébeillon, en 1983, photo partagée par Josiane Blaser-Noverraz

Des cloches veveysannes partout, sauf… à Vevey

Vevey st martin cloche 4Des cloches de Richenet, Dreffet, Treboux et Perret résonnent aujourd’hui aux 4 coins de la Suisse romande, en France, et même en Afrique du Sud pour la plus lointaine. Mais étonnamment, aucune ne donne de la voix dans les clochers de leur ville natale. Alors que l’église du Sacré-Coeur choisit Paccard et Odobey pour sa gracieuse flèche néogothique en 1906 (autrement dit, peu de temps après cessation des activités de fonderie de cloches dans la ville), le temple St Martin se vit gratifier  de cloches argoviennes (photo) en 1887 déjà. J’ai enquêté sur les raisons de ce choix en consultant les archives municipales, et ce que j’y ai trouvé m’a laissé songeur. Plusieurs notes de 1886 font état de correspondances avec Gustave Treboux pour la refonte de la petite cloche, et le tournage d’un quart de tour de la 2e cloche, dépeinte comme très usée. On y parle même – en décembre 1886 – de l’acceptation par la municipalité du devis de la fonderie:

  • 1171.20 pour une nouvelle petite cloche, en remplacement d’une ancienne cloche fêle
  • + 380 pour le tournage et la nouvelle suspension de la 2e cloche, dépeinte comme usée
  • = 1551.20
  • – 1213.40 pour la reprise du bronze de l’ancienne petite cloche
  • = 337.80 à la charge de la commune.

Or, dans un rapport du 13 mai 1887, on peut lire que « la seconde cloche » a fêlé à son tour lors de la sonnerie du 7 avril. S’agit-il de la cloche dont Treboux a assuré le tournage ? Toujours est-il qu’il n’est plus question de la fonderie locale, mais de Ruetschi (photo). Le fait que la réparation assurée par Treboux n’ait pas tenu un an, associé aux prix cassés du concurrent argovien Vevey St Martin archives(3.20 par kilo de bronze pour Treboux contre seulement 2.70 pour Ruetschi) ont-ils eu raison du concept de proximité ? Quoi qu’il en soit, les 3 anciennes cloches – y compris la nouvelle petite cloche fondue un an plus tôt – furent refaites à Aarau sur un accord de sib mineur (sib2 pour le bourdon réb3 fa3 sib3). Au nez et à la barbe du fondeur local, qui doit grommeler aujourd’hui encore dans sa tombe que nul n’est prophète en son pays.

Sources

  • « La musique dans le canton de Vaud au 19e siècle », de Jacques Burdet, éd. Payot, 1971
  • « Voix et souvenirs », par Alfred Cérésole, éd. Payot, 1901
  • « Les cloches de Dreffet et Tréboux », article de F. Muller paru dans le quotidien 24 heures du 15 janvier 1976
  • « Les cloches du Pays-d’Enhaut », par Emile Henchoz, extrait de la Revue Historique Vaudoise vol. 69 (1961)
  • « Le patrimoine campanaire fribourgeois », éd. Pro Fribourg, 2012
  • Dictionnaire historique de la Suisse
  • Archives communales de Vevey
  • http://www.notrehistoire.ch/
  • http://www.swissisland.ch/

Auguste Thybaud, l’accordeur de cloches

Auguste Thybaud

Le besoin d’harmoniser les cloches entre elles émerge dans tout le canton (ndrl: Vaud, Suisse) entre 1880 et 1900. L’accordeur de cloches, Auguste Thybaud, rend les Lausannois attentifs à la nécessité de mettre au diapason les cloches de la cathédrale et celles de l’église Saint-François et de l’église de St-Laurent. Plusieurs villes et villages du Pays de Vaud ont déjà fait harmoniser leurs cloches. Il s’agit de Payerne, Moudon, Aubonne, Avenches, Baulmes, Concise, Dommartin, Bottens, Mézières, Sainr-Prex, Ballaigues, Dompierre et Mont-la-Ville. Auguste Thybaud, originaire de Concise, instituteur de formation, s’octroie le titre d’accordeur de cloches. Il est l’infatigable promoteur et défenseur de la cloche au son juste et harmonisé. Etrange personnage que cet Auguste Thybaud, condamné par défaut en 1879 par le tribunal criminel d’Yverdon à 8 ans de réclusion et 15 ans de privation des droits civiques pour faux et usage de faux. Malgré ce lourd passé, il arrive toutefois à gagner la confiance de nombreuses paroisses et communes qui le mandateront pour l’harmonisation de leurs cloches.

Extraits de « Mémoire Vive, pages d’histoire lausannoise, l’harmonisation des cloches lausannoises », par Fabienne Hoffmann. Source : http://www.swissisland.ch/

Thybaud Orsonnens Liberté 21 septembre 1898

Source : La Liberté du 21 décembre 1898

Hommage à Charles Arnoux

Charles Arnoux, le fondeur magicien

Gruyères cloche 2Rarement artisan des siècles passés n’aura laissé à la postérité autant d’œuvres personnelles que le maître fondeur staviacois Charles Arnoux, né le 12 mars 1843, décédé le 16 juin 1925. L’homme possédait son atelier à la sortie de ville, sur l’emplacement du garage Oberson actuel que précéda une fabrique de savon. L’endroit conserva son appellation de «fonderie» de longues années après le décès de son exploitant. Les gamins de l’époque, aujourd’hui septuagénaires, voire plus, organisaient d’épiques courses de luge «à la fonderie», plus précisément sur une modeste pente pompeusement baptisée «saut périlleux» que domine un tilleul.

DE GRUYÈRES À ESTAVAYER-LE-LAC

Originaire de Morteau où il fit son apprentissage, fils de Constant Arnoux et de Constantine (Constantive dans le registre) née Boumez, Charles effectua son tour de France avant de seconder son père, fondeur réputé. C’est à la suite d’un mandat qui leur fut attribué en Suisse, grâce au renom de leur travail, que père et fils Arnoux s’établirent à Gruyères en 1865 où ils réalisèrent la sonnerie de la localité que l’on dit être l’une des plus belles du canton. Constant et Charles dotèrent de cloches, coulées sur place, les églises voisines. Le remplacement de la sonnerie de la collégiale d’Estavayer-le-Lac, commandé par le Conseil communal qui souhaitait favoriser l’implantation d’une industrie, vit bientôt débarquer Charles Arnoux, futur époux de Michalea (Michèle ?), née Brasey, fille de Jean, de Font, née à Neuchâtel le 22 mai 1850, décédée à Fribourg un an après son mari. Jean Brasey, signalent Jean-Marie Barras et Bernard Brasey qui effectuèrent des recherches sur la famille, naquit à Font en 1824. Instituteur à Neuchâtel, puis professeur à l’Ecole secondaire de la Broye et inspecteur scolaire, il se révéla d’une haute valeur intellectuelle. il décéda à Estavayer-le-Lac en 1878. De son mariage avec Elise née Cuénin dit Richard, naquirent cinq enfants, dont Rosette Michaela Angèle qui épousa Charles Arnoux le 21 mai 1877. Charles avait un frère, Jules Constantin, habitant Estavayer-le-Lac comme lui. Le mariage de celui-ci avec Pélagine Pauline née Paul, se concrétisa par une ribambelle d’enfants: en 1879, 1881, 1883, 1885, 1888, 1891 et 1893. On ne découvre parmi les mariages de cette grande famille un seul nom à consonance locale: Joséphine Bonny, épouse de Constantin Léon, fils de Jules. Le patronyme disparut des registres de la cité au décès de Charles. Il faut relire les nécrologies consacrées à Charles Arnoux pour situer la réputation que se forgea l’homme bien au-delà des frontières cantonales.

cloche 4 arnouxSur une pleine colonne, La Liberté du 17 juin 1925 estimait que la mort du fondeur de cloches d’Estavayer éveillera dans une multitude de paroisses des cantons de Fribourg, du Valais et du Jura bernois, des souvenirs vieux de plus de soixante ans. Aussi habile que consciencieux, Charles Arnoux coula un nombre impressionnant de cloches à l’enseigne de la fonderie François-Joseph Bournez d’abord, du nom de son beau-père qui exploitait semblable commerce à Morteau, avant de s’établir à Estavayer où il confia l’entreprise à son beau-fils. En 1870, l’appel de la France envahie arracha Charles à ses travaux. Fait prisonnier en Alsace, il regagna la Suisse au terme de sa captivité. Arborant fièrement sa médaille de vétéran, il contait volontiers les épisodes de la terrible guerre durant laquelle il croisa à plusieurs reprises Napoléon III. Le Journal d’Estavayer du 16 juin 1925 ne fut pas moins chaleureux pour exalter les talents du disparu qui avait fait d’Estavayer sa seconde patrie. Le dernier travail important de cet artisan aussi loyal que sincère fut la fonte des cloches de l’église de Boncourt. L’éloge funèbre rappelle la médaille de vétéran qui faisait sa fierté. A l’occasion d’une visite aux internés français à Estavayer, le 19 août 1917, le général Pau s’entretint familièrement avec le vieux soldat qu’était devenu Charles Arnoux. «Estavayer voit disparaître un homme aimé de tous. Ce n’est pas sans peine que nous enregistrons avec son décès la fin d’une petite industrie locale qui fut prospère grâce à l’habileté du maître Arnoux », écrivit en conclusion le rédacteur du JdE.

SUR QUELQUES TEMPLES VAUDOIS

Arconciel 10062009331Indépendamment des églises catholiques, quelques temples des villages sis entre le lac et la vallée de la Broye s’enrichirent de cloches dues à l’artisan staviacois. Dans «Le Retour des Morts» publié en 1950 par l’imprimerie Borcard, l’écrivain Marcel Perret raconte ses pérégrinations dans les clochers de la région. Il signale, à Démoret, la présence de deux cloches. L’une d’elles témoigne des activités d’une fonderie à Estavayer un siècle avant celle de Charles Arnoux: «Pierre Berset, d’Estavayer, m’a fait l’année 1762.» L’autre fut coulée deux siècles et demi plus tôt: « Jésus, Marie, l’année de notre Seigneur 1500. Saint Maurice, priez pour nous ! » La légende prétend que cette cloche, riche en argent, devait être rendue après la Réforme aux gens de Vuissens qui avaient contribué à son exécution. Le transfert n’eut jamais lieu. La signature du fondeur staviacois apparaît à Arrissoules dont le village fut partiellement la proie des flammes, le 6 février 1883. La nouvelle cloche commandée à Charles Arnoux rappelle l’événement tragique. A signaler aussi l’épitaphe découverte sur la cloche de Champtauroz : «Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pêcheurs. Si aujourd’hui vous entendez ma voix, n’endurcissez point vos cœurs. Charles Arnoux, 1901. »

L’homme ne réserva pas ses talents aux lieux de culte. Des agriculteurs lui passèrent commande de cloches de bronze dont les tintements rythmaient le pas de leurs bestiaux. Recherchées par les collectionneurs, ces pièces fort rares ne courent pas foires et brocantes. On sait qu’il en existe au moins une dans la région: un petit trésor témoignant de l’habileté d’un artisan, d’un authentique artiste, devrait-on dire, dont les aptitudes manuelles, la maîtrise du métier et le sens de l’harmonie musicale n’en finissent pas de jaillir des clochers d’ici et d’ailleurs.

Extrait de Saint-Laurent à tous les vents, de Gérard Périsset. Remerciements à Jean-Marie Barras.

http://www.nervo.ch/jm-barras/

Jules Robert

Quelques belles cloches et documents du génial fondeur de Nancy, établi en Suisse de 1906 à 1913. La maison Robert, une des plus anciennes de France, fut créée en 1510. Son activité se poursuivit jusqu’au décès de Jules dans les années 1930.

Grande cloche de l’église de Villarlod (FR) coulée à Porrentruy en 1909

Cloche 3 de l’église réformée de Zurich-Oerlikon

Cloche 2 de l’église réformée de Zurich-Oerlikon

Bourdon de l’église réformée de Zurich Oerlikon, orné des armoiries de la ville

Bourdon de l’église réformée de Zurich Oerlikon

Cartouche Jules Robert Porrentry

Cloche 3 du temple de Vaulion (VD)

Cloche 3 du temple de Vaulion (VD)

Cloche 3 en mib3 dite « Centenaire », cathédrale de Lausanne, coulée 1898

La plus grande cloche suisse de Jules Robert sonne en la2 en l’église de Vuisternens-devant-Romont. Poids 4’000kg, année 1913

Battant du bourdon de Vuisternens-devant-Romont

Joug légèrement ceintré du bourdon de Vuisternens-devant-Romont

Petite cloche de La Joux (FR) au joug profilé en super-lancé

Livraison de la sonnerie de Brütten (CH-ZH) en 1907. On peut apercevoir Jules Robert en personne sur le chariot (2e personne depuis la gauche)

Les 4 cloches de l’église réformée de Zurich-Oerlikon à la fonderie Jules Robert de Porrentruy en 1907. Le maître-fondeur est le 3e personnage depuis la gauche.

Croquis et notes signés de la main de Jules Robert pour la sonnerie de l’église Notre-Dame de Lourdes à Nancy

Carte publicitaire sortie en 1902 à l’occasion de la coulée du bourdon de l’église St Sauveur de Lille

Notice publicitaire Jules Robert, collection Daniel Fonlupt, source http://patrimoine-horloge.fr

Notice publicitaire Jules Robert, collection Daniel Fonlupt, source http://patrimoine-horloge.fr

Les nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris, fraîchement démoulées

Reportage photo d’Hugo Pillevesse à la fonderie
Cornille-Havard

Anne-Geneviève, Si2

Gabriel, le Sib2, presque vide (il a été démoulé le surlendemain…)

Jean-Marie, la plus petite des cloches, donne le Sib3…

Les anses

Marcel, la cloche 6, en Mib3

Une croix presque cachée au milieu d’une rivière

Un support de baptême, fait sur mesure, par la fonderie Cornille-Havard

Le fondeur, fier de sa cloche !

Denis, le Do#3, cloche 5 de la sonnerie, ne peut pas être pris en photo, par décision du Diocèse.

Marie, le bourdon de six tonnes, en Sol#2, coulé par Esjibouts…

Hugo, le reporter de Quasimodo qui pose fièrement à côté de Marie

Un tout grand merci à Hugo Pillevesse pour ces magnifiques photos !

Retrouvez l’album complet sur Facebook
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.466282483408897.94985.408532932517186&type=3

Blasons et motifs

François-Xavier Rognon (Morteau, 18e siècle)

Jean-Daniel Dreffet, Genève, 18e siècle

Pierre Dreffet & Marc Tréboux, début 19e siècle

Marc Tréboux (Vevey, 1ère moitié 19e siècle)

Samuel Tréboux (Corsier-s-Vevey, milieu 19e siècle)

François-Joseph Bournez aîné (Morteau, début 19e siècle)

François-Joseph Bournez cadet (Morteau, 2e moitié 19e siècle)

Charles Arnoux (Estavayer-le-Lac,début 20e siècle)

Antoine Livremont (Pontarlier, 18e siècle)

Antoine Livremont, Pontarlier, 18e siècle, variante cloche civile

Jules Robert (Nancy, fin 19e siècle)

Christof Klely (Fribourg, milieu 17e siècle)

Eijsbouts (Pays-Bas, 20e siècle)

Ruetschi, 1e moitié 20e siècle

Franz-Ludwig Keiser (Soleure, 18e siècle)

Franz-Ludwig Keiser (Soleure, 18e siècle)

hérémence eschmann

Emil Eschmann, années 1960

Georges Kottelat, 17e siècle

Georges Kottelat, 17e siècle

Jean-Baptiste Pitton, Carouge (CH-GE)

Peter Füssli, Zurich, 17e siècle

Rütiman, Lucerne, 18e siècle

Schilling, Apolda, 20e siècle – à Zürich | Zurich.

Louis Golay, Morges, 19e siècle

Fonderie Ruetschi – Aarau (AG)

Ruetschi extérieur

Famille protestante établie à Suhr depuis le 16e siècle, bourgeoise d’Aarau en 1838. Au 19e, les Ruetschi poursuivirent à Aarau la tradition locale de fonte de cloches et de pièces d’artillerie remontant à 1367. Sans descendant mâle, Johann Jakob Baer, propriétaire d’une fonderie à Aarau, favorisa son collaborateur Jakob Ruetschi. (1784-1851). Il lui fit suivre une formation dans une fonderie du Palatinat rhénan bavarois. En 1824, Jakob reprit la fonderie d’Aarau avec son frère Sebastian. La production de canons cessa en 1873, mais la fonte de cloches et d’art se poursuivit avec succès. Les fils de Jakob, Daniel, Johann Jakob et Emanuel, restèrent dans la branche. La famille s’éteignit avec Hermann (1855-1917), neveu d’Emanuel, mais l’entreprise continue aujourd’hui encore à porter le nom de Ruetschi. (source : dictionnaire historique de la Suisse).

Sur cette vidéo: coulée d’un objet d’art

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Ruetschi logo

Un grand merci à monsieur René Spielmann, directeur, pour le chaleureux accueil et pour cette intéressante visite guidée

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http://www.guk.ch/

 

Cloches – Fonderie Paccard, Sévrier (F-74) – coulée du bourdon de l’Abbaye de St Maurice (CH-VS)

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Le 18 mars 2010 eut lieu en la fonderie Paccard la coulée du nouveau bourdon de l’Abbaye valaisanne (SOL#2, environ 4’000kg). Ce fut l’occasion pour le passionné que je suis d’assister à sa première coulée. Un souvenir INOUBLIABLE !
Un immense merci à Anne, Philippe et Cyril Paccard, ainsi qu’à toute l’équipe de la fonderie, pour leur chaleureux accueil.
Cloches - fonderie Paccard - moules 2.JPG
Divers moules de toutes tailles
Cloches - fonderie Paccard - moules en argile.JPG
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Cloches - fonderie Paccard - poche encore chaude avec surplus de bronze.JPG
^^^^ La poche encore chaude après coulée du bourdon, et les restes de métal en fusion ^^^^
vvvv Le moule du bourdon, rempli à ras bord de bronze à près de 1’100°C vvvv
Cloches - fonderie Paccard - moule avec métal en fusion.JPG
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Cloches - fonderie Paccard - musée de la cloche.JPG
^^^^ Musée de la cloche ^^^^
vvvv Vieille cloche équipée d’un nouveau joug ceintré afin de ménager la maçonnerie du clocher vvvv